Kisangani: Réhabilitation de la route de l’aéroport de Bangboka, la société civile s’interroge sur la gestion du premier financement.

Laurent Kangisa

Alors que l’annonce d’un nouveau financement pour la réhabilitation de la route reliant le centre-ville de Kisangani à l’aéroport international de Bangboka suscite espoir et soulagement, la Nouvelle Dynamique de la Société Civile (NDSC) monte au créneau pour demander des comptes sur la gestion du précédent décaissement.

Selon cette structure citoyenne, le gouvernement Sama Lukonde avait déjà mobilisé, en 2023, une enveloppe de 33 millions de dollars américains pour la réhabilitation de 21 kilomètres de cette route stratégique. Pourtant, à en croire les constats de terrain relayés par la NDSC, seuls 300 mètres de bitume ont été posés à la veille de l’arrivée du président Félix Antoine Tshisekedi à Kisangani, le 23 octobre 2024. Les travaux d’asphaltage, jugés plus symboliques que structurels, sont venus s’ajouter à quelques ouvrages d’assainissement dont la qualité est aujourd’hui vivement contestée.

Des questions restées sans réponse

Tout en saluant l’engagement du ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botay, pour la reconstruction du pays et sa volonté de rendre effectives les politiques publiques en mettant les moyens à disposition, la NDSC pose une série de questions cruciales avant toute relance du chantier.
Elle souhaite notamment savoir :

À combien s’élève exactement le financement déjà alloué ?

Une évaluation sérieuse a-t-elle été réalisée avant l’annonce d’un nouveau financement ?

Quelle est la durée prévue pour l’exécution complète des travaux ?

Des interrogations que la société civile juge légitimes au regard de l’importance stratégique de ce tronçon routier qui relie la ville à son unique aéroport international.

La balle renvoyée au ministère des Infrastructures

Contacté par notre rédaction, un proche du ministre des Finances rappelle que Doudou Fwamba n’est pas le gestionnaire sectoriel de ce projet. « Le ministre des Finances est le caissier du gouvernement. Il ne supervise pas les travaux d’infrastructures. Ces questions doivent être adressées au ministère des Infrastructures », a-t-il précisé.

Un besoin de transparence

Dans un contexte où la confiance entre les citoyens et les institutions repose de plus en plus sur la redevabilité et la transparence, la société civile exige un audit indépendant de l’utilisation des 33 millions de dollars. Car au-delà des effets d’annonce, ce sont les retards, la mauvaise qualité des ouvrages et les soupçons de détournement qui fragilisent l’action publique.

La réhabilitation effective de la route de Bangboka demeure un enjeu majeur pour le désenclavement de Kisangani. Mais pour qu’elle aboutisse dans la clarté, la NDSC insiste : il faut d’abord faire la lumière sur le passé.

Laurent Kangisa.