Kisangani: Theuveul Lotika, l’étoile politique de Kisangani souffle une bougie de plus.

Laurent Kangisa

À quarante et quelques années, le député national Theuveul Lotika célèbre ce 28 mai une nouvelle année de vie, symbole d’un parcours politique tissé de patience, de résilience et d’ascension méthodique.

Fils aîné d’une fratrie de sept enfants nés de l’union de David Lotika Kombozi et de Sophie Linenge Lituka, ce juriste de formation incarne désormais la relève politique de la province de la Tshopo.

Aujourd’hui membre de la Commission politique, administrative et juridique (PAJ) à l’Assemblée nationale, Theuveul Lotika incarne une génération de leaders qui ont refusé de céder à la facilité, préférant bâtir leur destin à force de sacrifices, d’engagement et d’alliances parfois à double tranchant.

L’appel de la base

L’histoire commence en 2010, dans le quartier Plateau Médical de Kisangani. Sollicité par ses pairs du bloc Météo et de la cité Simi Simi pour les représenter à la députation provinciale, le jeune Lotika hésite. Il finit toutefois par céder, poussé par la promesse d’un appui financier collectif. Une décision cruciale, qui le propulse dans l’arène politique locale.

Un an plus tard, sa notoriété explose. Le professeur Eugène Lombeya le remarque et l’intègre brièvement au sein de son parti politique UDR, mouvement politique éphémère. Il rejoint ensuite Jean Bamanisa Saidi, entamant une collaboration stratégique avec ce dernier : Bamanisa promet de financer sa campagne provinciale, Lotika le soutient à la nationale. Mais le deal tourne court, Bamanisa échoue à l’élection de 2011.

L’ombre du pouvoir

Le poste de gouverneur de la province orientale devient vacant. Alors que Jean Bamanisa se trouve en Europe, c’est Lotika qui lui suggère de postuler. D’abord réticent, Bamanisa change d’avis et lui confie l’organisation de sa campagne. Mission accomplie : Bamanisa est élu. Mais au moment de la composition du cabinet, le mentor oublie son bras droit.

Ce n’est que six mois plus tard que Lotika est intégré à l’exécutif provincial comme assistant , cumulant les fonctions d’assistant chargé de couverture des audiences, des contentieux juridiques et des relations avec l’Assemblée provinciale jusqu’au démembrement de la province en 2015.

Retour à la base et renaissance

En 2018, Theuveul Lotika relance sa carrière politique. Il crée la structure citoyenne Boyoma Notre Référence (BNR), qu’il implante dans toutes les communes de Kisangani.
L’objectif : préparer le terrain pour les prochaines élections provinciales.
Il réintègre le Mouvement Social pour le Renouveau (MSR), qui l’aligne comme candidat à la députation provinciale.

Mais un nouveau virage s’impose. Jean Bamanisa revient, lui demande d’intégrer le Rassemblement des Indépendants et Alliés (RIA) et de devenir son suppléant. Sa base proteste, mais finit par accepter. Bamanisa est élu, ne siège pas, et laisse la place à Lotika. Ce dernier devient président de la Commission PAJ à l’Assemblée provinciale.

Les tempêtes de la reconnaissance

En 2022, la CENI proclame Theuveul Lotika vice-gouverneur aux côtés de Tony Kapalata. Mais la décision est invalidée par la cour d’appel de la Tshopo, puis corrigée par le Conseil d’État en faveur de Madeleine Nikomba. L’échec est cuisant, mais loin de briser l’homme.

Déterminé, il se lance dans la bataille de 2023 pour la députation nationale. Il est élu à Kisangani. Peu après son installation, la même Madeleine Nikomba conteste son élection. En avril 2024, la Cour constitutionnelle l’invalide, mais se rétracte un mois plus tard, le réhabilitant.

Un avenir à construire

Aujourd’hui, Theuveul Lotika siège en tant que député national, père de famille, époux de Francine Luzibu Musau, et figure montante d’une génération politique plus ancrée, plus proche du peuple. Si ses débuts furent modestes, son ascension témoigne d’une rare constance. Dans la Tshopo, il incarne l’espoir d’une politique plus humaine, plus loyale.

Pour cet anniversaire, il ne souffle pas seulement une bougie, mais célèbre surtout le feu de l’engagement, la flamme de la persévérance, et l’éclat d’un avenir encore à écrire.

Laurent Kangisa.