La province de la Tshopo est plongée dans une profonde tristesse. L’un de ses piliers, une figure marquante de la scène politique et un homme de convictions, Léon-Deon Basango, s’est éteint ce dimanche à l’âge de 65 ans. Sa disparition marque la fin d’un chapitre important de l’histoire politique de la Grande Orientale.
Léon-Deon Basango n’était pas un homme ordinaire. Il fut le tout premier président de l’Assemblée provinciale de l’ancienne province Orientale sous la Troisième République. Élu massivement député provincial en 2007 dans la ville de Kisangani, il aura passé trois ans et 33 jours à la tête de la plus vaste province du pays à l’époque. Sa démission, qu’il avait présentée dans un esprit de responsabilité, visait à préserver l’unité, la cohésion et la paix d’un territoire souvent fracturé par des tensions politiques et communautaires.
Sa carrière politique se poursuivit sur la scène nationale. En 2011, il fut élu député national avant d’accéder, en 2016, au poste de vice-gouverneur de la Tshopo, aux côtés du gouverneur Jean Ilongo Tokole. Fidèle à ses principes d’intégrité, Léon-Deon Basango démissionna une fois de plus de cette fonction en 2017, préférant le retrait à la compromission.
Depuis lors, il s’était volontairement éloigné de la sphère publique, vivant dans la discrétion et le silence, sans jamais chercher à revenir sous les projecteurs. Ce silence n’effaçait pourtant pas la trace indélébile qu’il avait laissée dans les esprits : celle d’un homme de devoir, d’un patriote attaché à sa terre, et d’un serviteur de l’État qui plaçait l’intérêt général au-dessus de toute ambition personnelle.
Avant d’embrasser la politique, Léon-Deon Basango fut un homme de lettres. Diplômé en section littéraire du Collège Maele, il enseigna le français avant d’intégrer l’administration provinciale. Il y œuvra durant onze années comme vérificateur des recettes jusqu’à occuper le poste de chef de brigade, faisant montre d’une rigueur et d’une loyauté reconnues par ses pairs.
À sa mort, il occupait le grade d’assistant de deuxième mandat à la Faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université de Kisangani, où il partageait son savoir avec humilité. Chrétien catholique convaincu, père d’une nombreuse famille, Léon-Deon Basango laisse derrière lui l’image d’un homme calme, réfléchi, mais déterminé ,un bâtisseur silencieux de l’histoire provinciale.
La Tshopo pleure l’un de ses dignes fils. Que son âme repose en paix, et que son parcours inspire les générations futures.
Laurent Kangisa.