Face à l’escalade des tensions politiques au sein de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, l’Association des Leaders Intellectuels de la Grande Orientale (ALIGO) est sortie de son silence pour lancer un appel pressant à la responsabilité des élus provinciaux. Dans un communiqué officiel rendu public ce samedi 11 octobre 2025 et signé par son coordonnateur, le professeur Grison Trésor Kakumbi Belumba, l’ALIGO exprime sa profonde préoccupation face à ce qu’elle qualifie de situation « préoccupante et délétère » menaçant la stabilité institutionnelle de la province.
Tout en réaffirmant le rôle légitime de contrôle parlementaire dévolu aux députés provinciaux, l’association insiste sur le respect strict des procédures légales, des principes éthiques et de l’intérêt supérieur de la population. « Le pouvoir de contrôle ne peut se substituer à l’État de droit », martèle le professeur Kakumbi dans son adresse, soulignant la nécessité d’un usage rigoureux et impartial des mécanismes de redevabilité parlementaire.
Des accusations graves, une exigence de vérité
Les accusations qui pèsent sur certains membres du bureau de l’Assemblée notamment des allégations de détournement de fonds publics et de gestion opaque ne laissent pas l’ALIGO indifférente. Elle exige que toute la lumière soit faite par les instances compétentes dans un esprit de transparence totale. « Il est impérieux de restaurer la confiance entre les institutions et les citoyens, sans céder aux procès d’intention ni aux règlements de comptes politiques », souligne le communiqué.
En parallèle, l’association tire la sonnette d’alarme face à ce qu’elle perçoit comme une montée inquiétante de la corruption, de l’achat de conscience et de l’instrumentalisation des institutions à des fins personnelles. Un constat grave qui, selon elle, appelle une introspection collective des élus provinciaux.
Un appel à recentrer le débat sur les priorités du peuple
Au-delà des querelles politiciennes, l’ALIGO rappelle les véritables urgences de la province : la dégradation des infrastructures, l’accès limité aux services sociaux de base, la persistance de l’insécurité et le chômage endémique des jeunes. « Ces défis majeurs devraient constituer la priorité de l’agenda parlementaire, non les querelles d’individus », insiste l’organisation.
L’association appelle à un débat serein, fondé sur des éléments factuels et des preuves tangibles, et exhorte les membres du bureau mis en accusation à collaborer pleinement afin d’éclairer la représentation provinciale dans un climat apaisé.
Pour des institutions fortes, non des individus intouchables
Dans sa déclaration, l’ALIGO réaffirme son attachement à la stabilité des institutions, condition essentielle au développement durable de la province. « Ce n’est pas la stabilité des individus qui compte, mais celle des institutions », précise-t-elle, rejetant toute forme de blocage orchestré pour des intérêts personnels.
Enfin, l’organisation citoyenne invite toutes les parties prenantes à faire preuve de retenue, de responsabilité et de respect envers le peuple de la Tshopo, en s’éloignant des spéculations et des rumeurs pour privilégier un travail parlementaire constructif, dans la dignité et la loyauté républicaine.
Laurent Kangisa.