Où sont passés le scanner médical et les deux ponts bascules acquis par l’ex-gouverneur Maître Louis-Marie Walle Lufungula au profit de la province de la Tshopo ? C’est la question directe et embarrassante posée par les journalistes à maître Louis Marie Walle Lufungula, gouverneur honoraire de la Tshopo, au cours d’un point de presse tenu ce dimanche 22 juin à Kisangani.
Selon les informations livrées à la presse, ces équipements, acquis depuis 2021, dorment toujours dans les entrepôts de la Direction générale des douanes et accises (DGDA) à Kinshasa. Pourtant, les documents de cession desdits matériels ont bel et bien été remis en 2022 à l’actuel chef de l’exécutif provincial, alors vice-gouverneur dans le gouvernement de la gouverneure sortante, Madeleine Nikomba.
Trois années plus tard, ces équipements n’ont toujours pas été transférés à Kisangani. Pendant ce temps, la population crie son besoin urgent d’un scanner opérationnel, notamment aux Cliniques universitaires de Kisangani, qui ne dispose que d’un seul scanner, un appareil crucial pour les diagnostics médicaux avancés. La situation est tout aussi préoccupante concernant les ponts bascules, censés permettre de peser les véhicules afin de réguler leur tonnage et ainsi préserver l’état des routes provinciales déjà en très mauvais état.
Une perte d’utilité, un gâchis logistique ?
L’acquisition du scanner s’inscrivait pourtant dans une vision ambitieuse portée par l’ex-gouverneur Walle Lufungula : créer à Kisangani un centre d’imagerie médicale moderne, capable non seulement de répondre aux besoins locaux en matière de santé, mais aussi de générer des recettes pour la province. Quant aux ponts bascules, ils devaient être installés sur les principaux axes routiers pour accompagner une politique de gestion rationnelle des infrastructures routières.
Mais aujourd’hui, ces matériels n’ont jamais été mis en service. La question de leur non-retrait soulève des interrogations sur la coordination entre gouvernements successifs, la volonté politique, et la capacité de gestion logistique de l’exécutif provincial.
Un silence administratif pesant
Jusqu’ici, aucune explication officielle n’a été donnée par les services compétents sur les raisons précises de ce blocage.
Et maintenant ?
Alors que les infrastructures sanitaires et routières de la Tshopo continuent de se dégrader, ces équipements, eux, prennent la poussière à des centaines de kilomètres.
Laurent Kangisa.