Tshopo : le gouverneur Paulin Lendongolia destitué après 18 mois de mandat

Laurent Kangisa

Après dix-huit mois passés à la tête de la province de la Tshopo, le gouverneur Paulin Lendongolia a été destitué ce lundi à l’issue d’une plénière houleuse de l’Assemblée provinciale. Dix-huit députés sur les vingt-neuf que compte l’organe délibérant ont voté à l’unanimité la motion de défiance, actant la fin du mandat du gouverneur, absent lors de la séance.

Une destitution en l’absence du gouverneur

Le vote est intervenu alors que le gouverneur Lendongolia se trouvait toujours à Kinshasa. Dans une correspondance adressée au président de l’Assemblée provinciale, il avait sollicité le report de la plénière, arguant d’un séjour officiel dans la capitale sur invitation du vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur.

Selon cette lettre, le gouverneur aurait reçu son autorisation de sortie le dimanche 26 octobre à 14 heures, ne lui laissant pas le temps matériel de regagner Kisangani avant la séance prévue le lendemain. Une notification administrative du tribunal de paix de Makiso aurait également été transmise par voie d’huissier pour appuyer sa requête.

Le bureau de l’Assemblée balaie les arguments du gouverneur

Le président de l’Assemblée provinciale, le docteur Mateus Kanga Londimo, rejette catégoriquement les justifications avancées par le gouverneur déchu.

 « Nous avons tous été à Kinshasa sur demande du vice-Premier ministre de l’Intérieur. Nous avons reçu nos autorisations de sortie depuis le vendredi 24 octobre, et nous sommes revenus à Kisangani à temps. Pourquoi pas lui ? Est-il malade ? », s’est interrogé le président du bureau.

 

Concernant la signification de la correspondance par voie d’huissier, le président Kanga Londimo évoque un acte irrégulier.

 « Où cet huissier a-t-il rencontré le secrétaire de l’Assemblée provinciale ? Nous allons engager des poursuites pour faux et usage de faux », a-t-il déclaré, dénonçant ce qu’il qualifie de “manœuvres dilatoires” du gouverneur.

 

Pour le président de l’organe délibérant, l’attitude du gouverneur illustre « un refus persistant de rendre compte de sa gestion », cause principale de la motion de défiance.

Une majorité parlementaire décisive

Sur les vingt-neuf députés que compte l’Assemblée provinciale, dix-huit ont pris part à la plénière et voté unanimement pour la destitution. Les élus considérés comme proches du gouverneur ont, eux, brillé par leur absence, dénonçant en coulisse une “procédure précipitée”.

À l’issue du vote, le président de l’Assemblée provinciale a demandé au gouverneur Lendongolia de présenter sa démission au président de la République dans les 24 heures.

Laurent Kangisa.