En avril 2025, plus de trente communautés issues des territoires de Banalia, Basoko, Ubundu et Bafwasende ont officiellement déposé leurs dossiers pour l’acquisition des concessions de forêts de communautés locales (CFCL), amorçant une étape cruciale vers une gestion durable et inclusive des ressources forestières.
Afin d’accompagner cette dynamique, la division de la foresterie communautaire du Secrétariat général de l’Environnement et Développement durable a organisé, du 7 au 9 mai 2025 à Kisangani, une session de formation stratégique, avec l’accompagnement de l’Ong Tropenbos sous l’appui financier de Tenure Facility.
Y ont pris part des acteurs politiques, administratifs, judiciaires, les chefs de chefferie et secteurs coutumiers et représentants de la société civile.
Objectif : renforcer la compréhension et l’appropriation du processus de foresterie communautaire dans la province.
Cap sur la gestion durable et la protection des écosystèmes
Durant ces trois jours d’échanges, les participants ont été instruits sur la vision nationale de la foresterie communautaire, son intérêt pour la protection des forêts et de la biodiversité, ainsi que son rôle dans le développement socio-économique local. La formation a aussi permis d’approfondir le cadre légal et réglementaire, les modalités de gestion des concessions forestières communautaires et l’usage du guide opérationnel pour l’élaboration du plan simple de gestion.
« Nous avons noté des avancées significatives dans la phase de demande et d’attribution des CFCL. Toutefois, la mise en œuvre concrète de la gestion et de l’exploitation reste lente », a reconnu Margot Lessenge, de la division de la foresterie communautaire.
Un processus encore balbutiant mais prometteur
L’état des lieux présenté par les participants met en lumière une phase de lancement prometteuse mais encore marquée par de nombreux défis : maîtrise des outils techniques, appropriation des textes légaux, fonctionnement des organes de gestion ou encore génération de revenus alternatifs par les communautés.
En réponse, les participants ont formulé une série de recommandations : intensifier les campagnes de sensibilisation, renforcer les capacités des communautés, garantir le respect des plans de gestion, instituer un zonage rigoureux des terres et promouvoir des activités génératrices de revenus comme l’agroforesterie.
Un engagement politique réaffirmé
Clôturant les travaux, la ministre provinciale de l’Environnement et Développement durable, Bijoux Nkoy, a salué l’engagement des parties prenantes et promis l’intégration des recommandations dans la stratégie provinciale.
« Le gouvernement provincial s’engage pleinement à faire de la foresterie communautaire une priorité, pour améliorer les conditions de vie des populations locales et préserver nos forêts pour les générations futures », a-t-elle déclaré.
À ce jour, la province de la Tshopo compte déjà 14 communautés bénéficiaires de concessions forestières dans le territoire de Bafwasende.
Laurent Kangisa.