Quatre ans après son départ mouvementé de la tête du gouvernorat de la Tshopo, maître Louis Marie Walle Lofungula, 3e gouverneur de cette province du nord-est de la RDC, est sorti de son silence. Ce dimanche 22 juin 2025, au jardin de l’hôtel Rwenzori à Kisangani que l’homme politique a décidé de livrer sa part de vérité face à la presse locale.
Devant un groupe de journalistes et ses partisans, Maître Lofungula a d’abord expliqué les raisons de sa présence à Kisangani, avant d’aborder, sans détour, les circonstances de sa destitution en 2021, ainsi que le bilan controversé de son passage à la tête de la province.
Une éviction politique sur fond de rivalités locales
« Ce n’est ni l’incompétence, ni la mauvaise gestion. C’était un combat de leadership », a tranché l’ancien gouverneur, visiblement déterminé à rétablir son honneur. Pour lui, sa chute n’a été que le résultat d’une série de manœuvres politiques orchestrées par certains acteurs, tant au niveau local qu’à Kinshasa.
« On ne m’a pas laissé le temps d’achever mon projet pour la Tshopo. Si j’étais allé au bout, nombreux allaient disparaître politiquement », a-t-il affirmé, allusion claire à ses adversaires qu’il accuse de l’avoir combattu pour préserver leurs intérêts.
Avec une pointe d’amertume, il reconnaît que cette période a marqué un tournant dans son parcours : « C’était pour la première fois de ma vie de rencontrer une telle opposition. Je n’ai récolté que du combat, malgré tout le bien que j’ai tenté de faire pour cette province. »
Un mandat écourté, une mission inachevée
Élu en 2019 pour un mandat de cinq ans, Louis Marie Walle Lofungula n’aura dirigé la Tshopo qu’un peu plus de deux ans. La dernière année de son mandat fut marquée par une instabilité institutionnelle chronique, avec un bras de fer persistant entre l’exécutif provincial et l’assemblée provinciale.
Cette instabilité a abouti à sa destitution, dans un climat tendu. Aujourd’hui, avec du recul, il affirme que certains de ses opposants d’hier auraient reconnu leurs torts : « Heureusement, certains ont compris qu’ils avaient commis une erreur et se sont excusés. »
Un retour politique en perspective ?
La conférence de presse du 22 juin pourrait donc marquer le prélude à une nouvelle étape dans la carrière de cet avocat de formation, devenu gouverneur, puis figure controversée du paysage politique de la Tshopo.
En attendant, la province, toujours en quête de stabilité et de développement, continue de porter les traces de cette période tumultueuse.
Laurent Kangisa