Dans une province pourtant riche en ressources naturelles, l’accès à l’eau potable et à l’électricité demeure un luxe pour une grande majorité de la population. C’est le constat alarmant qui a dominé les échanges lors d’une tribune d’expression populaire organisée ce samedi 02 Mai 2026 dans la salle de pastorale par le Groupe de travail sur la décentralisation et les élections (GTDE).
Selon les données présentées au cours de cette rencontre, moins de 20 % de la population de la Tshopo a accès à l’eau potable, tandis que seulement 11,8 % des ménages bénéficient de l’électricité. La situation est à peine meilleure en milieu urbain : à Kisangani, à peine 21 % des habitants consomment de l’eau potable, et seulement 16 % ont accès à l’électricité. En zones rurales, le constat est encore plus préoccupant, avec un taux d’accès à l’électricité estimé à 0,8 %.
Ce tableau contraste fortement avec les importantes potentialités dont regorge la province, notamment en ressources hydriques et en sites propices à la construction de barrages hydroélectriques. Un paradoxe d’autant plus frappant que ces secteurs ont été ouverts à la concurrence privée depuis plusieurs annéest, sans résultats probants sur le terrain.

La tribune a réuni plusieurs acteurs clés, notamment des représentants de la société civile et des responsables de l’administration publique, dont Étienne Sandja, chef de bureau du développement rural, et Modeste Bokomba, chef de division des ressources hydrauliques et de l’électricité dans la Tshopo. Face aux préoccupations exprimées par la population, ces derniers ont évoqué plusieurs facteurs explicatifs : le faible financement de l’État congolais, la croissance démographique rapide, le désintérêt des opérateurs privés, ainsi que le manque d’entretien des infrastructures existantes, notamment les forages en milieu rural.
Au-delà du diagnostic, des pistes de solutions ont été avancées. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de renforcer la sensibilisation des populations afin qu’elles revendiquent leurs droits fondamentaux à l’eau et à l’électricité. Ils ont également appelé à un plaidoyer accru auprès des décideurs politiques, ainsi qu’à une mobilisation des opérateurs privés pour investir dans ces secteurs jugés vitaux.
Le secrétaire général du GTDE, François Lemba, a souligné que les entreprises publiques actuelles, notamment la Régie de distribution d’eau (REGIDESO) et la Société nationale d’électricité (SNEL), ne disposent plus des capacités suffisantes pour couvrir l’ensemble des besoins de la province.
Cette tribune d’expression populaire, appuyée par la Fondation Hans Seidel, s’inscrit dans une dynamique de participation citoyenne visant à faire émerger des solutions durables aux défis structurels de la Tshopo.
Laurent Kangisa.