Unikis : Création d’un laboratoire innovant sur les langues, les savoirs locaux et la biodiversité.

Laurent Kangisa

Une nouvelle ère s’ouvre à l’Université de Kisangani avec la création, ce lundi 15 septembre 2025, du Laboratoire Patrimoines, Langues et Biodiversité, logé au sein de la Faculté des Lettres et Sciences humaines. Dirigée par le professeur Nicolas Mombaya Liwila, cette unité de recherche interdisciplinaire ambitionne de devenir un pôle d’excellence en Afrique centrale autour des liens entre diversité linguistique, savoirs endogènes et conservation de la biodiversité.

Un projet aux multiples facettes

Ce laboratoire, unique en son genre dans la région, se donne pour mission de documenter, analyser et valoriser les langues locales ainsi que les savoirs écologiques traditionnels. L’objectif : renforcer la résilience des communautés locales face aux enjeux environnementaux, tout en participant activement à la préservation du patrimoine bioculturel.

Dans le domaine de la recherche scientifique, l’unité s’intéressera notamment aux corrélations entre diversité linguistique et diversité biologique.

De la recherche à l’action concrète

Le laboratoire ne se limite pas à la recherche académique. Plusieurs axes d’action sont annoncés :

Documentation et archivage : mise en place de bases de données terminologiques et de corpus sur les savoirs écologiques transmis oralement ;

Valorisation et sensibilisation : promotion des langues locales comme vecteurs essentiels de connaissance environnementale ;

Formation : développement de modules pédagogiques et d’ateliers destinés aux étudiants, enseignants et communautés rurales ;

Innovation technologique : création d’outils numériques reliant langues, cultures et biodiversité pour faciliter la diffusion et la transmission intergénérationnelle.

Des livrables concrets d’ici la fin du projet

Parmi les productions attendues, le laboratoire prévoit la publication d’un atlas linguistico-biologique, la constitution d’une banque de données audio et vidéo des témoignages et vocabulaires autochtones, ainsi que la mise à disposition de programmes éducatifs et de kits pédagogiques multilingues.

Une vision pour l’avenir : la conservation bioculturelle durable

Avec cette initiative, l’Université de Kisangani marque un pas important vers une approche intégrée de la conservation, reconnaissant que les langues, les cultures et les écosystèmes forment un tissu interdépendant. Le Laboratoire Patrimoines, Langues et Biodiversité aspire à devenir, à terme, un centre d’excellence régional, au service d’une conservation bioculturelle durable.

Laurent Kangisa.