Nommée depuis juillet 2025 par arrêté de la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations technologiques, Charlie Andiru Amviko occupe désormais les fonctions de secrétaire générale administrative de l’Université de Kisangani (UNIKIS). Une consécration qui couronne plus de trois décennies d’un parcours exemplaire au sein de cette institution, et qui s’impose aujourd’hui comme une véritable école d’inspiration pour la jeune génération, particulièrement pour les femmes.
Engagée à l’Université de Kisangani depuis 1992, Charlie Andiru Amviko n’est pas une inconnue de l’administration universitaire. Licenciée en pédagogie, option administration et inspection scolaire, à l’UNIKIS en 1987, elle débute sa carrière professionnelle la même année à la coordination des écoles conventionnées protestantes, où elle exerce pendant cinq ans comme secrétaire administrative. Une première expérience qui façonne déjà sa rigueur et son sens de l’organisation.
Recrutée ensuite à l’Université de Kisangani, elle gravit méthodiquement les échelons. D’abord secrétaire de direction à la Direction du personnel pendant cinq ans, elle est ensuite nommée assistante du secrétaire général administratif, fonction qu’elle exercera durant dix-sept années, de 1997 à 2014, un record qui témoigne à la fois de la confiance de la hiérarchie et de la constance de ses performances.
En 2015, Charlie Andiru est portée à la tête de la Direction des ressources humaines, poste stratégique qu’elle occupe jusqu’en 2023. Elle est alors affectée à la Direction des affaires académiques, avant d’être élevée, en 2025, au rang de membre du Comité de gestion en qualité de secrétaire générale administrative.
Partout où elle est passée, les témoignages convergent : compétence, responsabilité, abnégation et respect strict des règles ont marqué son action. Cette rigueur professionnelle lui a valu le surnom de “femme de fer”, une appellation qui, loin d’être symbolique, traduit une capacité reconnue à gérer les dossiers les plus sensibles avec méthode et fermeté.
Lors de sa visite à Kisangani en décembre 2025, la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations technologiques, la professeure Marie-Thérèse Sombo Ayane Mukuna, a tenu à préciser que les membres récemment nommés au Comité de gestion l’ont été exclusivement sur base de leurs compétences. Pour étayer ses propos, elle a cité le cas de Charlie Andiru Amviko, affirmant ne pas la connaître personnellement, ni de nom ni de visage, mais s’être appuyée sur des témoignages unanimes des professeurs et du personnel administratif, tous convaincus de sa capacité à assumer cette lourde responsabilité.
Les compétences de la nouvelle secrétaire générale administrative ne se limitent pas aux savoirs académiques. Elles sont aussi le fruit de nombreuses formations suivies dans le cadre de son engagement comme activiste des droits humains, domaine dans lequel elle est reconnue comme experte en genre et en conditions féminines. Elle a bénéficié de plusieurs formations, tant au niveau national qu’international, notamment celle suivie en 2014 à Yaoundé, au Cameroun, sur le management des organisations, au sein d’un centre technologique de spécialisation et de professionnalisation.
Charlie Andiru Amviko est également membre cofondatrice du Collectif des femmes de la Tshopo et siège au conseil d’administration de l’ONG Solidarité féminine pour la paix et le développement intégral (SOFEPADI).
Elle intervient comme formatrice des formateurs sur des thématiques variées : management, leadership transformationnel, genre et élections, droits humains, VIH/Sida, violences sexuelles et basées sur le genre (SGBV), paix et citoyenneté, gestion des conflits, communication interpersonnelle, développement institutionnel, ainsi que gestion du stress.
Sur le plan personnel, cette carrière dense n’a pas éclipsé la sphère familiale. Femme mariée et mère de trois enfants, tous licenciés, Charlie Andiru Amviko est parvenue à concilier exigences professionnelles et responsabilités familiales, assurant à la fois le soutien à son époux et une éducation solide à ses enfants.
À l’Université de Kisangani, sa nomination apparaît ainsi moins comme une surprise que comme l’aboutissement logique d’un parcours fait de constance, de compétence et de loyauté institutionnelle. Un signal fort envoyé à toute une génération de cadres, et un symbole puissant de la place que les femmes peuvent et doivent occuper dans la gouvernance universitaire.
Laurent Kangisa.