
La consolidation du régime hybride en République démocratique du Congo a été au cœur d’une soutenance doctorale remarquée à l’Université de Kisangani. Le chef de travaux Marcel Kirongozi Kombozi a brillamment défendu une thèse d’actualité, sanctionnée par la mention Grande distinction.
« Consolidation du régime hybride en RDC. Analyse appliquée aux régimes en transition ». Tel est l’intitulé de la dissertation doctorale soutenue ce jeudi 08 janvier 2026 au hangar de la faculté de psychologie et de sciences de l’éducation, par le chef de travaux Marcel Kirongozi Kombozi en vue de l’obtention du grade de docteur à thèse en sciences politiques et administratives à l’Université de Kisangani (UNIKIS).
La soutenance s’est déroulée devant un jury particulièrement étoffé et exigeant, composé des professeurs Mwahila Tshiyembe et Émile Bongeli, ainsi que des deux directeurs de thèse, les professeurs Casimir Ngumbi et Kabudri Legi, sous la présidence du recteur de l’UNIKIS, le professeur Mathieu Kirongozi Bometa.
Inscrite dans le champ de la consolidologie, cette recherche analyse les trajectoires politiques des régimes dits « en transition démocratique ». Selon cette approche, si la transition est théoriquement orientée vers l’avènement d’une démocratie consolidée, la pratique révèle souvent une tout autre réalité : l’émergence et la consolidation d’un régime politique hybride, à mi-chemin entre démocratie et autoritarisme.
Dans ses travaux, Marcel Kirongozi Kombozi a mis en lumière les spécificités de la République démocratique du Congo, qu’il qualifie de régime hybride mêlant une constitution à vocation démocratique à des pratiques marquées par une dérive autoritaire. À l’issue de son analyse, il conclut que la RDC applique bel et bien un régime hybride, dont les manifestations sont perceptibles à plusieurs niveaux.
Parmi les éléments attestant cette dérive, le récipiendaire évoque notamment les arrestations et enlèvements à répétition d’opposants politiques, la répression des manifestations pacifiques et d’autres formes de restriction des libertés publiques. Toutefois, à côté de ces pratiques coercitives, la RDC présente également certains signes caractéristiques d’un système démocratique, tels que l’organisation régulière des élections, la tenue de débats contradictoires dans les médias et l’existence formelle d’un pluralisme politique.
L’étude identifie par ailleurs deux grandes catégories de facteurs expliquant la consolidation de ce régime hybride. D’une part, les facteurs internes, liés aux acteurs qui tirent profit de l’exercice du pouvoir et qui contribuent, par leurs stratégies, à l’entretien de ce type de gouvernance. D’autre part, les facteurs externes, au premier rang desquels figure le rôle ambigu de la communauté internationale.
Pour sortir de cette configuration politique, le nouveau docteur recommande un engagement collectif des acteurs politiques, tant de la majorité que de l’opposition, ainsi que de la société civile. Il plaide pour une « consolidation comportementale », fondée sur la recherche d’un consensus autour des questions fondamentales d’intérêt national, condition essentielle selon lui pour une véritable démocratisation de la RDC.
Au terme de cette soutenance, le chef de travaux Marcel Kirongozi Kombozi a été proclamé docteur à thèse en sciences politiques et administratives avec la mention Grande distinction.
Laurent Kangisa