Université de Kisangani : le Conseil en session budgétaire, cap sur la réforme et la relance.

Laurent Kangisa

Les 28 membres du Conseil de l’Université de Kisangani, organe suprême de gouvernance de l’institution, ont entamé ce mardi 21 avril 2026, une session cruciale d’un jour consacrée à l’examen et à l’adoption du budget de l’année académique 2025-2026. Cette rencontre stratégique intervient dans un contexte marqué par de multiples défis structurels, académiques et sociaux auxquels fait face l’alma mater de la Tshopo.

Présidée par le recteur, le professeur Mathieu Kirongozi Bometa, cette session offre l’opportunité de définir les grandes orientations devant guider l’action de l’université dans les mois à venir. Dans son allocution d’ouverture, le président du Conseil a décliné une feuille de route articulée autour des trois missions fondamentales de toute institution universitaire : l’enseignement, la recherche et le service à la communauté.

Une réforme en profondeur du secteur académique

Dans le domaine de l’enseignement, le comité de gestion affiche sa volonté de renforcer la qualité des formations en capitalisant sur les compétences locales disponibles, tout en s’ouvrant à des expertises nationales et internationales. L’objectif est clair : rehausser le niveau académique et garantir une formation compétitive à l’échelle globale.

Lutte contre la fraude scientifique et valorisation de la recherche

Sur le plan de la recherche, des mesures concrètes sont annoncées pour restaurer l’intégrité scientifique. Parmi elles, la mise en place d’une banque de données centralisée recensant les travaux académiques antérieurs, ainsi que le déploiement de logiciels anti-plagiat. Parallèlement, les centres de recherche et laboratoires sont exhortés à publier et vulgariser les résultats de leurs travaux, dans une logique de rayonnement scientifique accru.

Visibilité et modernisation numérique

Dans une dynamique de modernisation, l’Université de Kisangani amorce également un tournant numérique. La réactivation du site internet institutionnel, la mise en place d’une messagerie professionnelle et l’amélioration de la connectivité au sein des facultés et écoles supérieures constituent des avancées notables. À cela s’ajoute la relance des Presses universitaires, désormais dotées d’une équipe dirigeante et engagées dans un processus d’accréditation en tant que maison d’édition.

Redynamiser le service à la communauté

Concernant la troisième mission universitaire, le service à la communauté, le diagnostic posé par le recteur est sans appel : les écoles d’application et les Cliniques universitaires de Kisangani ont perdu leur prestige d’antan. Pour y remédier, des concertations sont prévues avec les parties prenantes afin d’identifier les leviers de redressement.

Aux Cliniques universitaires en particulier, plusieurs chantiers sont envisagés : poursuite de l’équipement, élargissement de l’offre de soins, renforcement du personnel spécialisé, maintenance des infrastructures, amélioration de l’approvisionnement en médicaments et motivation accrue du personnel. L’ambition affichée est de stabiliser durablement le fonctionnement de cette structure sanitaire de référence.

Priorités sociales et amélioration des conditions du personnel

Sur le plan social, le comité de gestion met en avant deux priorités majeures : la rémunération et la couverture santé du personnel. Des progrès sont déjà enregistrés, notamment la mécanisation de 50 agents à la prime institutionnelle, ainsi qu’une augmentation de plus de 50 % de la prime de transport, désormais payée de manière régulière.

Infrastructures : un plan en gestation

Le développement des infrastructures constitue également un axe stratégique. Un plan global est en cours d’élaboration afin de doter l’université d’équipements adaptés à son fonctionnement. À cette occasion, le recteur a salué l’engagement du Chef de l’État pour le lancement des travaux de construction de nouvelles infrastructures universitaires à Kisangani, dans le cadre d’un programme national de modernisation de l’enseignement supérieur.

Vers un plan stratégique global

Enfin, le professeur Mathieu Kirongozi Bometa a annoncé la tenue imminente d’une nouvelle session du Conseil, qui sera consacrée à l’élaboration du plan stratégique de l’Université de Kisangani. Ce document devra baliser de manière cohérente et durable la trajectoire de l’institution dans les années à venir.

Par cette session budgétaire, l’Université de Kisangani semble amorcer une nouvelle phase de son développement, portée par une volonté affichée de réforme, de transparence et de performance.

Laurent Kangisa