Les enseignements sont de nouveau à l’arrêt ce jeudi à la Faculté des sciences de l’Université de Kisangani. À l’origine, une manifestation de grande ampleur organisée la veille, mercredi 25 juin, par les étudiants, enseignants et membres du personnel administratif, tous unis pour exiger le rétablissement du courant électrique sur leur site universitaire.
En signe de protestation, les manifestants ont barricadé le portail principal de la faculté, paralysant totalement l’accès à la faculté. Une action coup de poing qui a rapidement fait écho jusqu’au sommet de l’administration universitaire.
Dans une décision rendue publique le soir même, le recteur de l’Université de Kisangani a suspendu à titre préventif plusieurs autorités decanales: le doyen, le vice-doyen chargé de l’enseignement ainsi que le secrétaire administratif, accusés d’insoumission au recteur et d’usurpation du pouvoir.
Selon les témoignages recueillis ce jeudi matin, 26 juin 2025, auprès de certains enseignants, les activités académiques resteront suspendues « jusqu’au rétablissement effectif du courant ». Ceux-ci dénoncent une situation jugée intenable : « Cela fait plus de deux ans que notre faculté fonctionne sans électricité, alors que les institutions voisines comme l’Université du Cepromad, la 3e zone de défense ou encore les ateliers de soudure aux alentours sont régulièrement alimentés », déplore un enseignant sous couvert d’anonymat.
Face à la pression croissante, des cadres de la direction provinciale de la Société nationale d’électricité (SNEL) se sont rendus sur place ce jeudi matin pour une évaluation technique de la situation.
Les responsables de la SNEL ont assuré que le courant sera rétabli dans les tout prochains jours, sans préciser de date exacte.
La Faculté des sciences, qui joue un rôle stratégique au sein de l’université en formant des biologistes, chimistes, géologues et botanistes, abrite également le Centre de surveillance de la biodiversité et la Faculté de gestion des ressources renouvelables. Elle est dotée de plusieurs laboratoires, et est désormais intégrée au système LMD (Licence-Master-Doctorat), un modèle pédagogique exigeant qui repose sur l’utilisation continue d’équipements nécessitant une alimentation électrique stable.
Laurent Kangisa.