TSHOPO: Conflit MBOLE-LENGOLA dans la Commune Lubunga à Kisangani, pourquoi on en est arrivé là ? Maître Patient Biselenge Bombali répond*

Laurent Kangisa Par Laurent Kangisa 165 Views

*TSHOPO: Conflit MBOLE-LENGOLA dans la Commune Lubunga à Kisangani, pourquoi on en est arrivé là ? Maître Patient Biselenge Bombali répond

Si on nous avait écouté, on n’en serait pas arrivé là aujourd’hui. Propos de Maître Patient Biselenge Bombali, avocat au Barreau de la Tshopo, Directeur exécutif de l’ONG Synergie des Avocats pour le Développement Durable et Expert des questions foncières et forestières.

En effet, depuis que le conflit Mbole-Lengola est né dans la Commune de Lubunga suite à la signature de 20 contrats d’occupation provisoire en faveur de société Company Agro-pastoral du Congo, CAP Congo SARL, l’on ne cesse d’enregistrer des morts et des blessés dans l’un ou l’autre camp ainsi que les déplacements massifs des populations abandonnant ainsi des villages entiers. Ces tueries, dégâts matériels et déplacements massifs des populations auraient dû être évités. Malheureusement, ils se sont encore amplifiés ces derniers jours.

Pour cet avocat qui s’est investi pour analyser ce conflit, le salut proviendrait de l’annulation pure et simple des contrats précités, chose que la Gouverneure de Province de la Tshopo, Madeleine Nikomba Sabangu ne veut entendre alors que ces derniers ont été conclus en violation flagrante des articles 183, 193 et 203 de la loi foncière et 16 de la loi agricole.

Pour rappel, en date du 15 mai 2023, le collectif de 10 ONGs de défense des droits de l’homme œuvrant dans la ville de Kisangani avait saisi la Gouverneure de Province de la Tshopo pour qu’elle annule les contrats précités, mais cette dernière brille par un refus catégorique. Ce qui le surprend superbement.

Alors qu’une accalmie a été observée et que le collectif de ces 10 ONGs s’activait à saisir la justice comme il avait promis, ce conflit a repris avec beaucoup d’atrocités. Au regard du mode opératoire auquel recourent les assaillants, je n’en douterais en aucun instant de croire à la présence des mercenaires et criminels professionnels venus d’ailleurs pour appuyer l’un ou l’autre camp déclare Maître Patient Biselenge. Et de poursuivre qu’il s’agit des pratiques inhabituelles des communautés tshoplaises.

En ce jour où la jeunesse et la notabilité de Lubunga sont descendues dans la rue pour demander l’annulation de 20 contrats d’occupation provisoire signés en faveur de la société CAP Congo SARL, Maître Patient Biselenge Bombali se frotte les mains et déclare si les voix de 10 ONGs de défense des droits de l’homme avaient été entendues, on ne serait pas arrivé là aujourd’hui. Il faut de fois apprendre à écouter. Et il n’est pas trop tard pour mieux faire.

Par la même occasion, Maître Patient Biselenge dénonce le silence des autorités nationales qui étaient alertées depuis le début de ce conflit. Le passage du vice premier ministre, ministre de l’intérieur à Kisangani n’a pas été capitalisé pour trouver solution à ce conflit qui continue à faire des victimes.

La situation est grave voire même très gravissime et exige l’implication personnelle de Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République

La rédaction.

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